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Réforme ferroviaire : non au statu quo !

Le Gouvernement défend, à raison, un « nouveau pacte ferroviaire ». Le diagnostic est clair – la SNCF doit réussir sa transformation. Nous n’avons perdu que trop de temps ces quinze dernières années à préserver une situation qui selon le Premier Ministre ce matin est « alarmante, pour ne pas dire intenable ». C’est cette préférence collective pour le statu quo qu’il s’agit de laisser à la consigne : la casse sociale est assurée si l’on ne change rien, pas si l’on bouge.

Des infrastructures mal entretenues, des retards fréquents – sinon – quotidiens, un endettement de 50Md€, cette situation alimente la défiance des Français à l’égard d’un service public ferroviaire auquel ils sont tous attachés. Ne rien faire serait la pire des solutions. Le rapport SPINETTA a présenté des pistes intéressantes, mais en définitive, et c’est la règle en démocratie, c’est le Gouvernement qui a arbitré – ce qui explique notamment l’exclusion de la question des petites lignes du champ de la réforme.

Ce que défend le Gouvernement est une ambition courageuse – et que je résumerai par une formule : il s’agit de remettre le rail sur les bons rails. Cela passe par une reprise en main par l’Etat sur le développement du transport ferroviaire, par une évolution de la gestion de la SNCF (avec un seul groupe intégré contre trois établissements publics concurrents aujourd’hui), une rénovation des modes de recrutements à venir et une meilleure prise en compte des contraintes pesant sur certains métiers du ferroviaire et, enfin, de préparer l’ouverture à la concurrence en 2019 de l’ensemble des lignes.

Je ne suis pas un adepte de la finance magique en général, mais je le suis encore moins quand il s’agit de transports. Il est toujours facile d’avancer des mesures très sympathiques, voire démagogiques, comme la gratuité dont nul ne sait comment la financer, mais plus difficile de proposer des pistes crédibles pour assurer l’entretien du réseau.

Arrêtons la folie des grandeurs et faisons arriver nos trains à l’heure ! La priorité est moins aux nouvelles lignes qu’à l’entretien des infrastructures (il est prévu d’augmenter de 50% les moyens dédiés à la qualité du réseau – soit 10M€ par jour pendant 10 ans !).

Je regrette que les commentateurs et certains responsables publics fassent écho au souvenir des grèves de 1995 qui avaient paralysé le pays. Je préférerais qu’on évoque 2030, voire 2050 – car réformer la SNCF, c’est préparer son avenir – et plus largement l’avenir du pays. Candidat, Emmanuel Macron avait promis une refonte radicale de notre politique de transports pour moderniser notre réseau et faire du service public ferroviaire un motif de fierté, tant pour les citoyens, que pour les salariés de la SNCF.

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